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Aux prises avec la folie des autres

À propos de Le Petit Homme pendu au portemanteau, Michèle Berthelot, e.zaboo éditions.

On peut chercher étudier savamment la maladie psychique : comment la traiter, comment la rendre en charge, ou, plus modestement, comment s’y confronter, comment vivre avec les personnes dont elle s’empare ? Les professionnels aux prises avec la folie des autres, dans ces lieux où ils sont à demeure, en sont nécessairement affectés, abimés parfois. Alors, plutôt que raisonner, laisser les mots résonner. Laisser remonter des souvenirs, des images, des paroles, des gestes, des regards. Les coucher sur le papier pour voir ce qu’il en reste. Laisser la porte ouverte à l’imprévisible. Au désarroi, à la peur, à la colère parfois. Au risque de l’hermétisme pour le lecteur, qui cherche ses repères dans les scènes, les personnages évoqués. À son charme aussi, en renonçant à raisonner, en écoutant des résonances, en considérant ces évocations du travail de soins.

Patrice Bride


Un petit livre suspendu à une colère
cette colère qui n’empêche pas au contraire la délicatesse
comme cette image du Petit Homme pendu au portemanteau
qui fait trauma par où ça parle et ça respire enfin.

Un petit livre pour une longue carrière de soignante
en compagnie de ceux et celles qu’on dit fous
à l’orée des corps et des mots articulés
quelque chose de ce travail qu’il ne faut pas taire.

Un petit livre coup de poing et caresse
l’esquisse des jours et des jours immergée dans la souffrance
une voix déterminée qui dit ces visages étranges
qui l’ont formée nourrie humanisée au-delà de l’espéré.

Un petit livre pour l’intime du métier
on devine dans les mots la lutte pour être au bon endroit
le juste geste emmailloté de silence qui fera parole
où prendre pied pour le cabossé de l’intérieur.

Un petit livre parce que la violence
les collègues l’Utopiste et la Façonnière indispensables
mais la violence jamais où on l’attend le cri en écho
et la poésie en filigrane en fil d’Ariane

Un petit livre quelques pages une poignée de mots
jetés déposés semés avant de repartir
faire trace faire souvenir à cause
du Petit Homme pendu au portemanteau…

Agnès Berthe


Un entretien avec l’auteure sur le site de l’Inventoire

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