Atelier d’écriture en ligne

Atelier d’écriture en ligne – séance 1

Joëlle est animatrice d’ateliers d’écriture. C’est une activité qui nous a paru précieuse à raconter, parce que ce passage à l’écriture en groupe, même avec le décalage des outils numériques, est une expérience forte pour chacun, emmène du côté de la vie, ce dont nous avons tant besoin en ces temps éprouvants de pandémie.

Depuis quelques années, j’anime un atelier d’écriture mensuel qui regroupe quelques personnes au sein d’une association. La mairie de Grandchamp des Fontaines au nord de Nantes met à disposition de celle-ci La Maison de la Cure en face de l’église, laquelle est aussi l’école de musique de la commune. Selon un calendrier défini en début d’année, d’autres associations séjournent dans cet espace.

Une jolie petite salle aux murs blanc et vert au premier étage. Nous disposons les tables et les chaises en rond. Derrière nous, un tableau noir que nous utilisons peu. Outre les livres et le matériel pour écrire, j’apporte toujours une bouilloire, des tasses pour une pause gourmande et conviviale.

Récemment, j’ai dû changer des dates pour des vacances, un anniversaire ; des personnes n’ont pu venir du fait d’autres engagements. Mi-mars, je perçois que le confinement décrété par le gouvernement va dissoudre pour longtemps l’atelier. L’association demande aux différents animateurs de cesser leurs activités. Le yoga, les randonnées, la danse sont annulés.

Face au nombre de morts qui ne cesse d’augmenter, dans ce contexte anxiogène, mortifère, je ressens la volonté de continuer à écrire, de fédérer d’autres personnes autour de l’écriture, des mots, de la poésie comme un acte de résistance, une façon d’affirmer : « Je suis vivante, je suis debout et la folie du moment qui nous invite à vivre reclus, confinés n’aura pas raison de mon équilibre psychique ! » Une douce folie poétique s’inscrivant dans une pulsion de vie dont il faut prendre soin, entretenir comme un feu vivant, de peur qu’il ne s’éteigne, dévasté par nos peurs, nos inquiétudes, notre fatigue d’être et notre angoisse du vide.

Rester connecté par les mots est pour moi un geste barrière essentiel, un geste de fraternité et de partage, un passage à l’acte pour garder une communauté humaine vivante et chaleureuse, bienveillante, animée par le désir, le plaisir de jouer avec les mots, de lâcher prise sur nos peurs, notre solitude et d’affirmer notre fantaisie, notre identité.

Le 19 mars, je lance donc un atelier d’écriture en ligne praticable sur son téléphone, à partir de l’application Whatsapp. Tout d’abord, j’invite les personnes engagées à l’année avec moi, puis des proches de cet atelier venus par le passé ou sympathisants, mais habitant trop loin pour venir à l’atelier. À 19 h 30, je lance un appel groupé, limité sur cette application à un groupe de quatre personnes. Afin de réunir tout le monde, je lance un deuxième appel à trois personnes. L’une d’elles m’enseigne que je peux utiliser la fonction micro de l’application ; une fois le message terminé, tous les membres du groupe peuvent l’entendre et l’écouter en même temps ! Je découvre avec joie l’usage de la technologie de mon siècle ! Je donne les inductions d’écriture au fur à mesure. Chacune de mes interventions ne dépasse guère une minute.


L’atelier s’achève une heure et demie plus tard, je suis vidée. Pour le cloturer, j’invite les écrivants à utiliser la fonction micro pour exprimer leur ressenti. Les personnes sont contentes, certaines m’expriment leur gratitude pour cette initiative.

Le lendemain, je m’aperçois que j’ai ouvert une porte de créativité permettant du lien social ; les personnes continuent d’écrire, d’envoyer de la musique et des petits messages d’amitié.

Je contacte alors d’autres personnes, des collègues de travail, des amis bien loin du fait de leur domiciliation que je vois peu. La plupart répondent : « Entendu, inscris-moi ». Je rencontre quelques difficultés pour inscrire deux personnes, ne les trouvant pas sur la messagerie. Mon fils ainé accepte de faire partie de cet atelier. J’ai le désir de faire partager au plus grand nombre cette possibilité d’écrire ensemble ! Toutefois, une petite voix me souffle : «  Réfrène ton élan, au-delà de vingt personnes, le groupe sera plus difficile à administrer et à animer ! »


Découvrez le déroulement de l’atelier et les écrits des participants dans les pages ci-dessous.

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